Henriette Walter - 3d – Stéphane Paoli -France Inter – langage et territoire : quelques notes d'écoute de l'émission du dimanche - avril 2014
Aventure et mésaventure des mots français
D’abord un point sur les langues venues d’ailleurs :
Basque : la plus ancienne des langues de France, on ne sait pas très bien de quand elle date, depuis quand elle est là. On sait que quand Jules César arrive, il parle d’une langue parlée par les Aquitains, sans doute les ancêtres des Basques. Particularité : elle a résisté à tout ce qui l’a entourée : arrivée des Gaulois, de Romains, des Arabes et enfin l’importance dans le nord de la langue française et du castillan dans le sud.
Langue vénérable et respectable : elle a bien résisté !
Le breton : c’est plus récent. C’est vers le Ve VIe siècle que ces langues de variété celtiques se sont imposées dans cette région de France. Cornouilles britanniques et du Pays de Galle A cette époque-là sont arrivés des Angles, des Jutes et des Saxons dans le sud de la Britannia comme on l’appelait et que ces populations ont chassé vers le nord et vers l’ouest toutes les populations celtiques qui venaient de grande Bretagne.
Du côté des langues germaniques : on a à l’extrême nord le flamand de l’ouest (le coin de l’ouest), aujourd’hui ça se parle dans une toute petite région du nord, il se distingue parfaitement du flamand de Belgique et du néerlandais.
D’un côté le lorrain et de l’autre l’alsacien. Il y a deux lorraines : une germanique à l’est et une romane à l’ouest.
De même qu’il y a deux bretagnes, une à l’ouest : bretonnante (langues celtiques, le breton), une autre à l’est, le gallo.
On en arrive aux langues latines :
Langue d’Oc au nord et Langue d’Oïl au sud.
Franco provençal (ou arpitan) : sud-est. Pas de trait d’union, les linguistes y tiennent : si trait d’union on a l’impression qu’il s’agit de 2 langues, et non, c’est une langue très bien identifiée au 19e par un linguiste italien (Graziadio Isaia Ascoli linguiste et patriote italien).
Il y a des régions intermédiaires où bien entendu les différentes variétés se mélangent, c’est un mélange de langues frontalières.
Il faut dire les langues d’oïl : parmi ces langues, il y en a une qui a eu une importance capitale. On peut parler de langue française à partir du XIIe siècle. Un mélange de langues qui se sont fixées autour du roi. Celle que l’on voulait imiter. Et peut-être que quelque fois on a été obligé de l’imiter.
Langue de Paris : attention différencier la langue du terroir Paris et la langue creuset, où toutes les langues viennent se mêler, un bouillon de cultures, ce français bizarre, c’est celui qui est le bon.
Langue d’Oc : langue des troubadours, poètes, elle a beaucoup influencé et enrichi le français. Elle aurait pu devenir la langue du pays. Si cette langue avait eu un pouvoir politique. « La poésie a gagné au sud et la politique au nord ! » S.Paoli.
On voit la même chose en Italie : sicilien, langue très poétique mais c’est la langue toscane qui est devenu l’italien.
Dante a hésité pour écrire la Divine comédie : la langue d’Oc était très populaire du point de vue poétique, littéraire, prestige. Mais il était de Florence, alors il a employé la langue toscane.
Guerre de 14 : les régiments ont été formés régionalement. Donc chacun pouvait employer son propre patois et comprendre celui du voisin. Mais lorsqu’il y a eu tellement de pertes, les régiments se sont réunis, ils ont réutilisé le français, qu’ils ont gardé ensuite.
Les créoles : le basque est la plus vieille, les créoles sont les plus jeunes. Les créoles sont les langues régionales les plus vivantes, celles qui n’ont pas été détrônées par le français.
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